


La Cellule du Chien
Mon réduit d’éducation Tu entres ici à quatre pattes, ou tu y es traîné.
Peu importe. Une fois la porte refermée, l’espace se resserre autour de toi comme une seconde peau de honte et d’attente.
C’est une boîte étroite, presque un placard surélevé en taille humaine.
Les murs sont recouverts de cette toile grise texturée, mate, absorbante
– celle qui étouffe les gémissements avant qu’ils n’aient le temps de rebondir. Elle donne l’impression que la pièce respire avec toi… et qu’elle retient son souffle quand tu essaies de supplier.
Au centre, un lit-cage bas, cadre noir laqué, barreaux espacés juste assez pour que tes mains puissent s’agripper quand je t’y attache.
Le matelas est recouvert d’un drap housse rouge vif, satiné, presque provocant dans sa douceur enfantine. Un oreiller à pois roses y trône, incongru, moqueur
– le genre de détail qui te rappelle que ton confort n’est jamais innocent ici. Il sert autant de récompense que de rappel : même tes rêves seront colorés de ma volonté.
À gauche de la tête de lit, posé comme un trophée abandonné : le masque de chien noir et rouge. Museau fermé, oreilles pointues, trous pour les yeux minuscules. Il attend là, museau vers le bas, comme s’il reniflait déjà ta reddition prochaine.
Quand je te l’enfile, le monde se réduit à l’odeur du néoprène chaud et au son de ta propre respiration amplifiée.
Sur le mur de droite, alignés comme des instruments de musique perverse : une collection de laisses, colliers, harnais et menottes courtes. Cuir noir mat, boucles chromées, anneaux qui tintent doucement quand l’air circule.
Il y en a pour tous les degrés d’immobilisation : la laisse fine pour te promener à genoux dans la pièce, la chaîne lourde pour t’ancrer au sol, les sangles réglables pour t’écarter en X contre le matelas.
Chaque pièce est à portée de main – la mienne. Jamais la tienne.
Au-dessus du lit, une barre verticale blanche, solide, fixée du sol au plafond. Elle supporte une petite caméra carrée, noire, œil impassible branché en hauteur.
Elle filme tout : tes tremblements, tes marques qui rougissent, tes yeux qui supplient le vide.
Parfois je la laisse allumée même quand je ne suis pas là.
Juste pour que tu saches que quelqu’un – ou quelque chose – te regarde.Un petit miroir angulaire est vissé dans le coin. Il te renvoie ton image déformée, fragmentée : un bout de collier, un éclat de rouge sur le lit, ton visage masqué ou rougi.
Impossible de t’y voir entier. Impossible d’échapper à l’idée que tu es déjà en pièces.
Le sol , facile à nettoyer, froid sous les genoux nus. Une prise électrique discrète court en bas du mur pour les chargeurs, les vibrants, les appareils que je branche quand je décide que ton supplice doit durer toute la nuit.
Cette cellule n’est pas faite pour le grand spectacle.
Elle est faite pour l’intimité forcée. Pour l’humiliation qui s’installe lentement, comme une fièvre. Pour les heures où tu restes attaché, masqué, laissé à mijoter dans ton propre jus, avec pour seule compagnie le tic-tac de ton pouls et l’attente de mes pas dans le couloir.
Ici, tu ne joues pas au soumis.
Tu deviens le chien.
Le mien.
Et tu apprends que même les plus petits espaces peuvent contenir une éternité de soumission.
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